vendredi 14 mars 2014

MONOLOGUE DE L'OBJET

Je suis le miroir qui renvoie la scène qui se joue en silence tout en mimes. Cadrage serré, perspective tronquée ; mais que se passe-t-il hors champ ?

Je suis le miroir qui donne à voir ce que tout est pour chacun : de la gloire. Oui mais pour la voir, il faut en avoir, ne pas garder son porte-monnaie dans le tiroir. Vous qui venez me voir et qui pissez à hauteur de l'urinoir passez votre chemin allez vous faire voir !

Je suis le miroir
Qui reflète vos qualités
Mais aussi tous vos défauts
Jamais je ne suis complaisant
Jamais je ne suis arrangeant
Je livre une vérité crue
Qu'elle vous plaise ou non
Si parfois je peux paraître flatteur
Ne vous y fiez pas
Cela ne dure qu'un temps
Les années passent et je suis
De moins en mins accommodant
Viendra le temps
Où vous me haïrez
Parce que je ne prends plus jamais de gants.

Je suis le miroir qui reflète mes deux voisins d'en face. Les angles obtenus par nos inclinaisons permettent au gosse qui se trouve entre nous trois de se poser de très sérieuses questions sur l'infinité des choses.

Je suis le miroir qui vivait tranquille au fond de la boutique du brocanteur de Plenery-Porsay (?), qu'on avait laissé là un jour de disette en échange de quelques galettes... Et un jour d'été j'ai déménagé parce que c'est en été que les parisiens viennent par chez nous goûter aux embruns en espérant trouver du rustique, du terrien, de l'ancien, du souvenir d'antan qui fera bel effet sur la commode Ikéa et donnera à leur trois pièces de quarante-cinq mètres carrés l'illusion d'en faire cinquante !

Je suis le miroir qui réfléchit, le miroir sans tain, à la la bordure dorée. Je suis le miroir où viennent se mirer furtivement, nonchalamment ou plus franchement les âmes de passage. Je suis le miroir...

Je suis le miroir qui observe pour la troisième fois cette forme de réunion, un peu étrange il faut bien le dire, cette réunion, disais-je, de quelques personnes grattant du papier toute une soirée. Il y a toujours les sérieux, ceux que rien n'arrête, que rien ne distrait. Il y a les longs ou les lents si vous préférez, qui n'arrivent jamais à terminer, ayant peut-être trop de choses à dire, trop de mots dans la tête ou ne sachant pas s'imposer des limites. Il y a les truculents, les créateurs qui explosent à la lecture et puis les autres qui, il me semble, font ce qu'ils peuvent. Ce soir, c'est assez sérieux je crois. Une chose ne varie pas : la parité n'est ici jamais respectée !

MON PRENOM

D'origine scandinave, il célèbre les veillées d'hiver devant la cheminée lorsque le feu crépite de mille étincelles et que le givre glace les vitres. Subtil mélange dans un verre de whisky.

Mon prénom semble être une incitation au pontificat pour militants d'extrême gauche. Toutefois, toute ressemblance avec des exilés polonais serait purement fortuite.
Mon nom tire ses origines des études de physique cosmique menées par mes ancêtres, notamment mon arrière grand oncle qui étudia le Champ polaire dans l'hémisphère nord. En son honneur, mes parents m'appelèrent Champ Pôle.

C'est une impression très agréable de rencontrer d'autres personnes portant votre prénom. On tourne la tête en s'entendant appeler, on s'aperçoit avec surprise qu'il ne s'agit pas de vous, on observe avec attention cet alter ego, cet usurpateur peut-être, à qui on est prêt à accorder toute sa sympathie.

Comment parler de son prénom sans en dire plus?
Pour moi, il naît en plein milieu d'un carrefour, il est d'ici, il est d'ailleurs, il se comprend ici ou ailleurs.
Parfois il bégaie : Mimi.
Parfois il boîte : Miyam, c'est Brandon qui dit cela, il a dix-sept ans, j'entends la voix de mes petits neveux et nièces.
Parfois il se cache : MDS, il est une initiale parmi d'autres.
Parfois j'essaie de lui donner un air de myrtilles : Myr.

Et si on parlait de Nathalie ? Parce que c'est pareil. A une époque, on le sait tous, c'était pile ou face, Valérie ou Nathalie.
Alors Nathalie, c'est pareil mais un peu plus joli avec ce "h" qui complique les choses, et tente d'afficher une petite note d'originalité ; pas possible de dire "ça s'écrit comme ça se prononce" parce que c'est pas vrai : il y a le "h".
Mais à force d'être perdu au milieu de toutes ces Valérie et Nathalie, même Nathalie en a perdu de sa grandeur, pour se réduire à un "Nath" auquel "Val" n'arrive pas à la cheville.

Tu veux t'amuser quand t'es gosse, comme tes amis, et déjà en ce temps-là, à des petits jeux de "vocabulaire" ; et même à l'école on fait ces trucs là, mais si ! Tu sais !! Ce qu'on appelle des rimes ! Avec le prénooommmm !
Et bien pour moi, l'horreur !
Fabienne qui rit comme une hyène..
Plus pauvre: Fabienne la baleine..
Ou plus tard avec des plus grands : Fabienne lesbienne ...!
Ah, que n'ai-je rêvé de me prénommer Isabelle !

Isabelle, belleisa, sabelli, besalli, ibesalle, quelques huit lettres pour une même personne.

A vous de deviner : il y avait Isabelle, Valérie, Fabienne, Karin, Cécile, Myriam et Jean-Paul !

TU ME FENDS LE COEUR

Jeanne d'Arc : Ma chère, ton nez me fait de l'ombre.
Cléopâtre : Tu espères peut-être qu'il te remarque sous ta cuirasse?
Sissi : Arrêtez de vous quereller et profitez du bal. On nous regarde, souriez!
Jeanne d'Arc : Mate moi le petit cul!
Cléopâtre : Où ? Où ?
Jeanne d'Arc : Le grand en costume de Batman.
Sissi : Ce soir je trouve mon prince.
Cléopâtre : Encore en train de rêver...

Cléopâtre : Jeanne, ma chérie, donnez moi le sucrier voulez-vous?
Jeanne d'Arc : Allez, arrête tes chichis. T'es manchot ou quoi? Prends le toi toute seule.
Sissi : Chère amie, malgré toute l'estime et l'affection que je vous porte, je me dois de vous dire que votre attitude autant que votre langage sont indignes d'une dame.
Jeanne d'Arc : Dame mon cul ! Qu'est-ce-que vous me faites chier toutes les deux? J'ai une tête de dame, moi?
Sissi : Mon Dieu ! Quelle vulgarité !
Cléopâtre : C'est insensé ! Quand je pense que nous sommes condamnées à rester à cette table pour l'éternité à boire un thé tiède en compagnie de... de cette... Je me demande ce que j'ai fait pour mériter ça.
Jeanne d'Arc : Et tu crois que ça m'amuse de me taper vos tronches de momies ?
Sissi : Allons, allons, je vous en prie.

Cléopâtre : Bon les filles, ras le bol, on se casse ! On se trouve une tire et on se fait une virée au bord de mer.
Sissi : Le monde n'a qu'à s'écrouler sans nous !
Jeanne d'Arc : Mes voix célestes m'ont toujours interdit de mater les maîtres-nageurs. C'est fini ! J'en ai marre de rester pucelle.

Cléopâtre : Maadi slim ouali lachoukrah.
Sissi : Chbin sehr Gütlicher zeiting du bist ?
Cléopâtre : Moar kabap ousni lyoum chaad Sofian ou Johan ?
Jeanne d'Arc : Estam sul bucher flaminam cendritas totalitas expias.
Cléopâtre : Joulas caraba oum khalsoum sid jakarta Frigidaire.
Sissi : Danki chihuahua süss Waren sie bustulichen.
Jeanne d'Arc : Alleluia coulpé avé Maria mère de Dieu.

Cléopâtre : Bon, les filles, on va leur chanter quelque chose. J'eanne d'Arc, tu chanteras alto, Sissi mezzo et moi soprano.
Sissi : Ca va pas non ? Il est hors de question que je chante mezzo, je suis une vraie soprane moi. (Elle commence l'air de la Reine de la Nuit.)

Sissi : Wouaaah Cléo, super ta nouvelle coiffure !
Cléopâtre : Tu trouves?
Jeanne d'Arc : Oh oui! Moi j'aimerais ça avoir les cheveux longs comme toi ! Là, j'ai l'air d'un mec.
Cléopâtre : Pas difficile, tu les coupes plus et t'arrêtes de jouer au va-t-en-guerre.
Sissi : C'est vrai ça, pourquoi tu ne vas pas danser de temps en temps ? C'est chouette aussi d'être une fille.
Cléopâtre : Et mon nouveau nez ? Il vous plait ?

Jeanne d'Arc : Depuis que j'entends des voix je me sens moins seule.
Cléopâtre : Depuis que je donne de la voix je règne seule.
Sissi : Dans mon rôle d'impératrice je reste sans voix.

DES BULLES SUR LA TOILE

Soirée du 25/04/2014

 Les pèlerins d'Emmaüs - Véronese
 
1-Je me demande qui a foutu des anchois dans ce plat d’hosties !

2-Je sais.. je sais, je devrais pas, mais j'aime trop ça.

3- Taisez-vous les enfants! Jésus n'arrive pas à se concentrer.

4-C'est pas possible! Il va nous refaire le même coup que la semaine dernière. Il fait croire qu'il va multiplier, il goûte, ça rate et y aura rien à bouffer!

5- Mais Bon Dieu qu'est-ce-qu'ils m'emmerdent! J'aurais du les emmener au Mac DO !

6-Quand est-ce-qu'il s'arrête de se frotter contre ma petite sœur ce chien? C'est vraiment dégueulasse. Et les grands qui disent rien...

7- J'attends toujours un miracle ; je suis si seul.

8- Je vais allez mettre les petites au lit pendant que vous vous décidez.

9- Meris, buvas uc verum ! (traduction : Merde je boirais bien un verre moi!)

10- Il le caresse à l'envers, il est nul !




Un dimanche à la Grande Jatte - Georges Seurat
1- Si mes concitoyens savaient comme on souffre de la chaleur quand on siège à l'Assemblée Nationale....

2- C'est pas Dieu possible qu'il faille retourner au boulot d'main matin. Si seulement c'était tous les jour dimanche...

3- Ils ont tout becqueté. Quelle vie de chien !

4- Mamannnnnnn, j'ai fait pipi à la culotte !

5- Notre Père qui êtes aux cieux, je vous ai cueilli ce bouquet... Faites qu'elle crève dans son sommeil la bouche ouverte et que les chiens rongent jusqu'à ses os.

6- Je rêve qu'il m'arrache mes fringues.

7- Mais qu'est-ce que je fais là moi d'abord ? Et pourquoi j'ai pas d'ombrelle ?

CACOGRAPHIE

Cai lalu tefi nale grou pon nou édemin lainter nacio nale cera le Jean Rumain.

Sé l'halu't phynâl groue-pon nouhède minlain teirnatio nalse ralle jenrumen.

Séla lu tefi nal grrr oup onnou éde min l'int ernasio nalece raleuhjean rumin.

Sé lal ute fina legrou ponnou é deu min lin terna sio nale seura legen rumin.

Célalu teu phine allegr oupons nouz édem ainlinter nazio nalse ralegen rehumin.

Céla luhte phine al grrou ponhnou é 2 minlin terna scio nale seu raleu janrumin.

Célalu teuhf iiinale groue pons nouet deu minlain thairena sionale soeuras leujanr umin.